hiroyuki imaishi

Sushio, jeunesse et influences

Focus sur l’un des grands noms du studio Trigger ayant fêté ses 20 ans de carrière en novembre dernier dans l’espace Pixiv Zingaro à Nakano.

Lors de cet évènement, Sushio est rapidement revenu sur son enfance et ses études avant de devenir l’animateur et le chara-designer qu’une majorité des fans reconnait presqu’uniquement pour son taff sur la série Kill la Kill.

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Ninja Slayer : Entretien avec Hiroyuki Imaishi

J’ai regardé le premier épisode de Ninja Slayer la semaine dernière. C’était un de ces bordels ! On passait au style atypique d’Inferno Cops à de l’animation traditionnel en 2D, sans oublier la petite explosion en live action vers la fin ! ¡ ǝuɹnoʇǝɹ ʇnoʇ nɐǝʌɹǝɔ ǝן nǝ ıɐ uǝ,ſ ! Venant du studio Trigger et d’Amemiya (le réalisateur), j’aurai dû m’en douter. Au début j’étais déçu, mais en même temps toute cette mise en scène m’a fait marrer. Les personnages ne passent pas 15 jours à se chercher des noises. Ils débarquent, ils se tapent dessus, ça tranche. Par moment l’animation devient cool et ça fait plaisir aux yeux. Puis on revient à un genre de papier découpé dont les points forts sont la mise en scène et ses dialogues stupides. (Oh et c’est en 4:3 aussi, il faut acheter les Blu-Ray pour du 16:9,  ןoן).

En regardant le trailer, je savais à quoi m’attendre en dehors de ce mélange d’animation. Il y a des ninjas, de la baston, et comme j’ai grandi avec les films d’actions des années 80, ça me suffit amplement. Mais je voulais en savoir plus sur ce mélange, aussi j’ai trouvé une interview d’Hiroyuki Imaishi sur le site anime² où il parle de sa rencontre avec le tueur de ninjas, et son travail de character designer.

Quelles étaient vos impressions en lisant Ninja Slayer ?
L’écriture a une personnalité très forte, bien plus que je ne l’imaginais. Au début, c’était difficile à suivre sur Twitter avec son rythme en 140 caractères, mais j’ai fini par m’y habituer. J’appréciais l’univers et l’orientation de l’œuvre, c’est un genre que j’aime depuis longtemps.

Parlez-nous de l’univers.
Les films de Quentin Tarantino sont arrivés chez nous au milieu des années 1990. On comprenait que les américains ne saisissaient pas tellement les vieux films japonais et asiatiques. Importer au Japon la vision déformée de l’asie par le divertissement américain m’avait l’air intéressant. Comme j’aimais beaucoup regarder leurs films à l’époque, j’ai ajouté des éléments des films de Tarantino et de Robert Rodriguez dans Ninja Slayer.
En plus, le langage du tueur de ninja est unique en son genre, c’est excellent du début à la fin. En temps normal, le fil rouge n’est dévoilé qu’en petits morceaux, mais ici il se poursuit sans accroc ! Je les ai félicité en leur disant qu’ils étaient fous. (rire) Les traducteurs ont fait un super boulot !

Comment avez-vous représenté l’univers de Ninja Slayer en animation ?
Ce qu’on a imaginé Amemiya et moi est peut-être différent. Le langage du ninja est très visible dans le roman, alors on se demandait comment l’imager pour le rendre plus vivant. On devait l’adapter même avec de simples dessins, alors comme ils ont osé jouer avec la langue japonaise, on devait faire la même chose en trichant avec l’animation.

Vous deviez obtenir un résultat unique en transposant le roman en animation ?
Il fallait que ce soit unique même jusqu’au chara-design. Tout le monde sera aussi surpris que je l’étais en lisant la première page du roman.

Il semblerait que cela commence dès l’opening ?
On sait à quoi s’attendre dès les premières séquences. Même si on l’a adapté en anime, on s’est demandé si nous devions rester fidèle à l’œuvre originale, alors on a hâte que vous vous en réjouissiez !

Vous avez rencontré des difficultés en créant le chara-design ?
Oui. On en a parlé longuement avec Amemiya, il voulait répartir les tâches. Il m’a dit de dessiner des trucs cools, alors j’ai fait de mon mieux. Il y avait des détails dans le roman avec des ninjas en armure blindée. Je les dessinais en suivant les directives d’Amemiya, et il les vérifiait au fur et à mesure.

Sans parler de leur corpulence, ils font penser à des robots !
Dans le roman, il y a aussi des personnages qui ne portent que du blindage. Ils ressemblent aux héros des séries tokusatsu (sentai, kamen rider). Je trouvais qu’ils étaient très large, j’avais l’impression qu’ils jouaient librement avec ça, sans chercher à en faire des ninjas traditionnels.
D’habitude, les ninjas sont habillés en noir pour se cacher, ils n’attirent pas l’attention avec la forme et la couleur. Mais ici c’est totalement exagéré ! Ils n’ont même pas de katana, ils font du karaté !

Vous étiez combien pour dessiner les personnages ? Quelle répartition ?
Je me suis occupé des ninjas principaux. Yûsuke Yoshigaki a dessiné des personnages secondaires comme Fuyuto et Tochinoki. Parmi les personnages féminins, Inato Serere a dessiné Nancy, saitom a fait Yamato et Shijiro s’est occupé de Yunako.

Même si j’en avais envie, Amemiya ne voulait pas que je m’occupe des filles (rire). Comme c’est une série, il a décidé que les persos féminins devaient être attirante au premier coup d’œil. Je ne donne qu’une image de combattant à mes personnages, alors ils finissent tous par être pointus !

Les ennemis apparaissent les uns après les autres. Il y en a beaucoup ?
Oui. Je ne m’arrêtais jamais de dessiner (rire). Il y a eu une semaine où j’en ai dessiné quatre, ils sont morts avant la moitié de l’épisode, et j’ai aussi dessiné des personnages qui n’apparaissent que sur deux plans !

Amemiya souhaitait des personnages cools, comment les conceviez-vous ?
Ils sont sûr d’eux. C’est comme les acteurs et les mannequins quand ils sont sous les projecteurs, ils ne nous attirent pas si ils sont timides.
Ils savent aussi prendre de décisions en un clin d’œil, comme on le font souvent dans le kabuki.
C’est la même chose en dessin. Les personnages sont peut-être old school et timides, mais si on les dessine avec un trait vif, ils deviennent cool, et en plus je me sens bien. Je suis toujours gonflé à bloc dans ces moments là !

Source : http://animeanime.jp/article/2015/04/16/22893.html

Le reste des épisodes (vostf) : http://www.crunchyroll.com/ninja-slayer-from-animation

Relecture : Tetho

Opening d’Aoi Honoo : Ô Kanada

Voila déjà 4 semaines depuis le début du drama Aoi Honoo, adaptation live du manga de Kazuhiko Shimamoto. Ce dernier est un mangaka réputé pour ses héros au sang chaud bouillant, fonçant droit devant sans jamais s’arrêter ! Cependant, plutôt que d’utiliser cet esprit combatif dans un manga de baston, il préfère l’utiliser pour accentuer les absurdités les plus folles d’un gag manga.

L’histoire se passe dans les années 80, à l’université des arts d’Ôsaka. On y retrouve Moyuru Honoo étudiant avec quelques têtes connues de l’animation et du manga, tels Hideaki Anno (réalisateur et créateur d’Evangelion), Hiroyuki Yamaga (GAINAX, Honneamise, Abenobashi), Takami Akai (DAICON Films, Honneamise), Kentarô Yano (mangaka), Hiromi Tsuda (mangaka), Toshio Okada (Otaking !) etc… Mais en réalité, Moyuru voit tout le monde comme un rival potentiel, et c’est là toute la fiction de l’histoire. Moyuru et son histoire est fictive, mais tout ce qui fait l’ambiance otaku de la série a vraiment eu lieu.

Moyuru idolâtre le style d’animation de Yoshinori Kanada. Il ne peut pas comprendre qu’on ne puisse pas reconnaître le talent de ce dernier, alors il se tape des gros monologues sous acide suivi d’expressions du visage totalement défigurées. On retrouve le style de Kanada jusque dans cet espèce de photo-montage que compose l’opening du drama. Mais pas seulement.

La vidéo suivante nous montre les diverses références. (inscription recommandée pour voir la vidéo…)

http://www.nicovideo.jp/watch/sm24110849

Chaque personnage du drama se rapporte souvent à une séquence animée par Yoshinori Kanada, ou bien par un animateur influencé par son style ultra dynamique, dont Hiroyuki Imaishi, le papa de Gurren Lagann.

Yuyu Yagira = Anime Tenchô (Création de Shimamoto pour les magasins Animate, animé par Imaishi)

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