moto hagio

[2011] FIBD – Rencontre avec Riyoko Ikeda

Désolé pour l’attente, j’ai été très occupé tout ce dernier mois entre une deadline pour un projet de traduction et un évènement personnel. Voila Voila. Ensuite, j’ai enfin retrouvé le billet qui me tenait le plus à coeur, publié sur mon ancien blog. J’ai décidé de le reposter ici en dégageant plein de passages, et en revoyant certaines phrases sans apporter trop de modif’ pour autant. Le billet est un peu long, mais j’espère que ça plaira !

Avant de parler de cette rencontre, il convient de se demander qui est cette femme complètement folle amoureuse de notre pays.

(suite…)

Conférence sur les mangaka d’Ômuta

Le 21 février dernier, je suis allé à une conférence sur le développement du manga dans la ville d’Ômuta. Ômuta est une petite ville située à l’ouest du Japon, dans la région de Kyûshû. À cette occasion, plusieurs chercheurs étaient présent. Tout d’abord le conférencier, Seiichi Harada, qui avait apporté avec lui sa collection de manga, dôjinshi (magazine amateur) et des cartes postales dessinées par les mangaka d’Ômuta. Hiroshi Hashimoto, directeur du musée du manga de Kumamoto et professeur d’histoire du manga à l’université Sôjô. Fusami Ogi, professeur d’anglais à l’université de Chikushi Jogakuen qui participe au mouvement des mangas pour femme. Tomoyuki Omote, qui travaille au musée du manga de la ville de Kitakyûshû. Nous étions environ 15 en comptant aussi les étudiants écrivant un mémoire sur le sujet.

Seiichi Harada

Concernant la conférence, Harada a mentionné quelques 22 auteurs originaires de la ville. La plus célèbre chez nous étant Moto Hagio (Le Cœur de Thomas). Il expliquait en détail les relations entre Moto Hagio, Chiyoko Harada (qui est la fille du cousin du conférencier) et Yôji Fukuyama. Ils ont commencé à publier entre 1969 et 1970. Grâce à Moto Hagio et au Groupe de l’an 24 (cercle réunissant Riyoko Ikeda et Keiko Takemiya, entre autres), le shôjo manga moderne se développe. Plus tard on découvre des dôjinshi qu’ils ont dessiné à l’université. Tels LOT, BOMB et Enogu BAKO, ce dernier est spécialisé dans la caricature. Harada fait surtout un tour d’horizon des auteurs. C’était assez confus et j’y reviendrai en les présentant dans des petits billets.

Hormis les auteurs, l’explication du développement du manga à Ômuta était pas mal. Tout d’abord, le nombre d’auteurs ayant publié dans des grands magazines de prépublication est le plus élevé par rapport au reste de la région. Suite au succès de Moto Hagio, de nombreux jeunes dessinateurs souhaitaient faire comme elle. Et l’impact a été plus important à Ômuta. Dans les années 1970, le manga s’y est développé bien plus qu’ailleurs, avec l’ouverture d’un grand nombre de librairies d’occasion. La concurrence était rude et cela influait sur l’économie. Ce phénomène a forcé les jeunes dessinateurs à entrer en compétition. Comme le nombre de magazine de prépublication est limité, et le nombre de dessinateurs étant élevé, chacun comparait son travail avec les autres. Cela les forçait à améliorer leur style, leurs techniques et la mise en page.

En plus de Moto Hagio, quelques uns des ces dessinateurs sont un peu reconnus en France. Par exemple, Tetsuya Saruwatari avec TOUGH, Aki Shimizu avec L’escadrille des nuages, Suikoden III et Le coffre aux esprits, Yôji Fukuyama avec Le jour du loup et Voyage à Uroshima.

Comme je reçois chaque jour des nouvelles informations sur les mangaka de la région de Kyûshû, je pensais les présenter avec des photos de leurs premiers travaux. Ce sera très court, mais j’espère pouvoir fournir 2 ou 3 infos intéressantes à leur sujet.